« Toutes les bonnes choses vont par trois » dit le poète anglais Thomas. Ainsi font commerce le rêveur et l’onirologue autour de leurs vieux démons. Sorte de mutation de savoirs où ni l’un ni l’autre n’est en position de maître et jouit de l’absence même de savoir mais accorde au second de supposer savoir… jusqu’à ce que l’analysant devienne à son tour analyste… L’onirologie est un art et comme tel subjectif. Le rêve amène au Conscient ce qui se trame dans l’Inconscient et l’Inconscient collectif… Le théâtre des rêves met en représentation une somme inouïe de connaissances, un puits insondable de conséquences heureuses dont notre Conscient ne saisit qu’une infime partie. Le rêve les filtre, les passe au tamis pour nous les rendre plus accessibles, nous enrichir et orienter nos lendemains dans le seul but de retrouver son êtreté. Rêver est un retour sur soi, à Soi. Nous n’avons donc pas la moindre idée de ce que cela représente ni toutes les clés du monde onirique, mais pour autant, quelques diligences nous permettent d’aborder avec sérieux l’analyse du rêve.
Le rêve dit de situation fait le bilan ponctuel et précis avec soin et souci de vérité d’une situation, d’une tranche de vie. Il donne des leçons, des directives et des avertissements, se moque volontiers, use du grotesque, caricature et exagère les situations tout comme les expressions pour qu’elles nous sautent aux oreilles et aux yeux.
Le rêve de compensation restaure et soutient notre équilibre psychique. Plus fréquent que l’on ne s’en souvient, il vient corriger nos manquements, servir nos besoins organiques mal avoués, étouffés, tus, toutes les énergies que nous bridons et ne mettons pas ou n’osons pas mettre à contribution. Il libère ces forces vives, puissantes et souterraines, qui, sinon, mettraient en danger la santé du rêveur.
Le rêve d’individuation dit « Grand rêve » s’avère initiatique. Rêve d’équilibre et de paix, il invite à devenir soi, à prendre conscience de soi, et pousse irréversiblement à la recherche du Soi. Il se sert des archétypes, père, mère, soleil…, des mythes et des représentations cosmiques et religieuses même chez les athées. La sexualité dans le rêve est à prendre au sérieux, elle signe toujours un rêve d’individuation.
Bien que le simple fait de rêver remplisse ses fonctions salutaires, salvatrices et réparatrices, l’art du rêveur est autant faire se peut, de se souvenir de son rêve pour essayer de l’interpréter avec le plus d’honnêteté et d’objectivité possible afin d’en tirer pleinement profit. Il est conseillé de l’écrire au réveil, sans en rajouter ni en retirer, sans l’enjoliver ni le censurer, pour participer pleinement, activement et consciemment au rôle thérapeutique, au processus de réparation que le rêve endosse. Tous les éléments du rêve nous appartenant, les êtres qui y figurent aussi caricaturés soient-il, sont le reflet du moment du rêveur. Jusqu’où puiser ? Les richesses du monde onirique sont insondables.
Denise Théodore – Onirologue






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